Football - Bordeaux dans le Rouge



On le sait, en football et dans le sport en général tout va très vite et tout évolue très rapidement. Les Girondins de Bordeaux sont en train de le vivre actuellement et à leur dépend.

Souvenez-vous de cette formidable année 2009. Une fin de saison ponctuée par une Coupe de la Ligue et surtout un titre de Champion de France, après 7 ans de règne lyonnais. Puis, sur leur lancée, les joueurs de Laurent Blanc réalisent 5 mois impressionnants d'août à décembre derniers. Champions d'automne incontestés avec 9 points d'avance sur leurs dauphins Lillois à la trêve, qualifiés pour les 8èmes de la Ligue des Champions en sortant premiers de leur groupe, les Bordelais semblent alors partis pour tout gagner ou presque. Bordeaux avec son jeu léché, son réalisme implacable et sa puissance physique est l'équipe à battre.

Mais la soirée du 17 janvier 2010 est le début des complications pour la bande à Chamack. L'Equipe titre "Bordeaux dit ouf quand même" à la suite du nul à domicile contre l'OM.

Tout se passe comme si le passage à cette nouvelle décennie avait complètement déréglé l'effectif girondin. S'en suit en effet un bilan de 13 points récoltés en 10 matchs de championnats parmi lesquels deux défaites à Chaban-Delmas contre Auxerre et Nancy hier.

L'avance des champions en titre a donc fondu tout au long de cet hiver pourtant froid qui a frappé l'hexagone. Le problème est que le printemps n'a pas réveillé les coéquipiers d'Alou Diarra. Aujourd'hui, ils se retrouvent en plein coeur du peloton de tete composé de Lyon, Montpellier, Auxerre, Lille et Marseille. Même si ils possèdent deux matchs en retard, rien n'est dit qu'ils puissent l'emporter et au Mans et à Valenciennes.

Bordeaux peut donc tout perdre et a déjà perdu.

Défaits à domicile contre Monaco en 8èmes de finale de la Coupe de France (0-2), battus en finale de la Coupe de la Ligue par Marseille sans contestation, le club de Jean-Louis Triaud est aussi mal engagé en Ligue des Champions. Face à l'Olympiakos en 8èmes, les Bordelais se qualifient en toute logique mais non sans mal car très peu souverains au retour. Le tirage au sort des quarts a ensuite voulu un duel fratricide entre les Girondins et l'Olympique Lyonnais, les deux clubs se trouvant à la fois ravis de retrouver une équipe à leur portée et inquiets du trouble moral que pourrait engendrer une élimination.

Toujours est-il qu'à trois jours du match retour, Lyon est grandissime favori, de par le score du premier match (3-1) et de par les dynamiques opposées qui animent les deux formations. Bordeaux devra donc réaliser un très grand match pour sortir les morts de faim Rhodaniens mais la pression est sur eux tout comme la sortie est proche.

Alors pourquoi une telle dégringolade ? Pourquoi Bordeaux n'est plus le rouleau compresseur que l'on a connu en 2009 ?

J'ai tout d'abord pensé qu'il s'agissait seulement d'un problème physique, que la préparation des Aquitains était faite pour être au top jusqu'en décembre puis de mars à mai pour le sprint final. C'était peut etre le cas, mais cette baisse d'intensité physique et d'application due à un surplus de confiance a de suite joué sur les résultats. Et une équipe qui souffre, perd, gagne dans la difficulté lorsque c'est le cas et qui n'en a pas l'habitude doute très vite et facilement. Ce doute s'est inscrit dans les têtes des hommes du "Président" Blanc et les rongent au fur et à mesure qu'ils ne retrouvent pas leur vrai niveau. La réussite n'est également plus au rendez-vous.

L'élément symptomatique de ce renversement est la défense, impériale hier, fébrile et gruyère à l'heure actuelle, comme ce fut le cas mardi soir à Gerland. La blessure de Planus n'est pas à négliger cependant. Le soucis collectif est aussi du au fait que les joueurs de l'atlantique sont moins bons individuellement tout simplement. C'est par exemple le cas de leur maître à jouer Yohan Gourcuff bien moins décisif et régulier. Le meneur du jeu a du mal à faire autant briller ses partenaires.

Enfin, la pression médiatique, celle des adversaires, l'évocation de Laurent Blanc comme favori pour succéder à Domenech à la tête des Bleus ont pesé sur le groupe. Le discours de l'entraîneur a plus de mal à passer et à fonctionner car il ne se renouvelle pas. L'essoufflement du groupe et du staff est total.

Tous ces éléments conglomérés agissent comme des cailloux dans un engrenage moins bien huilé à la base et c'est toute la saison de Bordeaux qui est en jeu à cause de ces plusieurs sorties de route. Parler de crise est fort car les Bordelais ont leur destin en main. Une chose est sure, c'est qu'ils sont au bord du gouffre. Si par malheur ils sont éliminés par Lyon et que Marseille s'impose en même temps contre Sochaux en match en retard, la fin de saison risque d'être encore plus compliquée pour les Champions de France 2009.

Une réaction est toujours attendue, arrivera-t-elle ?

Publié parNicolas MIKLUSIAK à 18:41  

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