Tennis - Les Français dans le creux de la vague...
dimanche 3 mai 2009
Après un début de saison extraordinaire des tricolores commencé avec l'Open d'Australie et une sur-médiatisation du tennis masculin français, on revient à un quasi anonymat ou plus exactement à la normale.
Nous nous interesserons ici au parcours des quatre meilleurs joueurs français à savoir Gilles Simon, Jo-Wilfried Tsonga, Gael Monfils et Richard Gasquet; les tennismen qui symbolisent notre analyse et le tennis national à travers le monde.
Une saison démarrée sur les chapeaux de roue
Janvier 2009, les quatre tricolores sont déja classés dans les 25 meilleurs joueurs mondiaux à l'ATP. Deux d'entre eux, Simon le Niçois et Tsonga le Manceau ont meme terminé l'exercice précédent en apothéose avec une participation aux Masters.
En début d'année, on peut donc espérer que cette génération extraordinaire confirme dans un premier temps les espoirs plaçés en elle.
Ceci débute parfaitement par le premier grand moment français de la saison lors du tournoi de Doha et la victoire de Gael Monfils sur Nadal, certes en rodage. C'est l'une des 3 défaites de la saison de l'espagnol pour le moment.
Mais comme chaque année, le premier grand rendez-vous tennistique a lieu à l'autre bout du monde sur les terres australes de Melbourne. Dans la fournaise des courts, nos quatre garçons dans le vent accèdent tous à la deuxième semaine : Gasquet est éliminé en 1/16 èmes, Monfils en 1/8 èmes par Simon, Tsonga passe à la trappe en 1/4 contre un Verdasco en état de grace. Gilles Simon, malgré un superbe combat, s'incline au meme stade contre Nadal.
Le Grand Chelem australien lance parfaitement la saison des Bleus et fait naitre un enthousiasme immense pour la suite des évènements et la capacité de ces quatre joueurs à marquer ensemble et individuellement l'année 2009 de leur emprunte.
S'ensuit jusqu'à début mars une série impressionante de bons résultats français, les joueurs tour à tour réalisant de très beaux tournois si bien qu'à un moment donné, plus une semaine ne se passe sans qu'un tricolore soit au moins en demi-finale de l'un de ces derniers.
Hormis le biterrois Gasquet, plus discret, les trois autres enchainent les quarts, demis voire meme finales (Acapulco pour Monfils) et titres (Johannesburg, Marseille pour Tsonga le plus redoutable des français à ce moment).
Une dynamique collective et saine dans ce sport on ne peut plus individuel était née.
Le premier tour de Coupe Davis et le coup de mou...
Cette rencontre face aux Tchèques emmenés par Stepanek et Berdych n'avait rien de facile sur le papier ou plutot avait tout d'un piège...
Mais les français galvanisés par leur formidable entame d'année sont grands favoris. L'équipe de France de Coupe Davis entrainée par Guy Forget est dès cette année très ambitieuse avec cette génération dorée (la plus forte dit-on depuis les 4 Mousquetaires) et compte ramener le trophée à Paris.
Mais la loi implacable de cette compétition particulière et légendaire s'est appliquée à l'encontre des Bleus trop justes pour battre des Tchèques survoltés devant leur public et dotés d'un mental à toutes épreuves. Les locaux l'emportent 3 victoires à 1 et anéantissent les jeunes joueurs français rarement confrontés à une telle pression.
C'est le cas de Gilles Simon auteur de deux mauvais matchs coutant la qualification mais sur ce coup là, l'Azurréin n'a pas été aidé par Guy Forget. Je m'explique. Le capitaine en re-titularisant Simon le dimanche pour le match décisif contre Stepanek malgré son non match du vendredi a commis une erreur.
En effet, c'étaient les premiers pas du Niçois dans cette compétition et il n'a pas supporté la pression ce qui le plongea dans un état mental compliqué à la suite de la défaite finale. D'autres options à la vue de la défaillance de Simon étaient possibles comme de faire jouer Monfils ou Llodra notamment pour décharger ce pauvre Gilles.
Cette défaite du collectif France est un immense choc pour les joueurs malgré leurs dires et correspond à une véritable rentrée dans les rangs du tennis français au beau milieu de la saison.
Ce traumatisme est confirmé par le coup de moins bien individuel que subissent les tricolores depuis début mars...
La tournée américaine débute par une élimination de tous les français avant les 8èmes de finale. Malgré un meilleur tournoi de Miami avec Tsonga éliminé en 1/4 par Djokovic, Simon par Jo et Monfils par Roddick au tour précédent, cette tournée outre-atlantique est décevante au regard du début d'année.
Mais ce sont plutot les résultats suivants qui sont inquiétants c'est à dire ceux correspondants au début de saison sur terre. Sur 3 grands tournois joués (Monte Carlo, Barcelone etRome), aucun des français n'a réussi à passer le cap du 2ème tour à part Gasquet à Rome (perd en 1/8èmes contre Verdasco) qui a montré de belles choses.
Des problèmes individuels
Il est évident que tous marquent le coup physiquement après cette entame exceptionnelle d'une saison qui dure 11 mois. Les joueurs étant quasiment toutes les semaines sur les courts à travers le monde et n'ayant pas l'habitude de se retrouver si souvent à jouer les premiers roles les années précédentes sont fatigués. Le corps peut ne pas répondre par moments, c'est une des causes de ce creux dans les résultats.
Individuellement, Tsonga se retrouve sur une surface qui ne l'avantage pas car il est très puissant et plus lourd que certains joueurs.
Simon a du mal depuis un certain temps mentalement (Coupe Davis) et ne retrouve plus son jeu à moins que ses adversaires aient trouvé la clé de celui-ci ce qui serait problématique.
Gasquet est à son aise sur cette surface et revient en forme. Il sera compétitif à Roland Garros si comme toujours il n'a pas de soucis physiques, son gros défaut qu'il semble avoir enfin perçu.
Quant à Gael Monfils, il n'est pas apparu sur un cours depuis Monte Carlo et souffre d'une inflammation du tendon rotulien qui vient d'une maladie de croissance déclenchée à l'adolescence. Le parisien est incertain pour Roland Garros.
Une médiatisation difficile à gérer
Les très bons résultats tricolores du début de saison a provoqué une médiatisation très importante de ces 4 jeunes garçons qui a pu géner voire destabiliser ces derniers.
Le fait que 4 français soient dans les 20 meilleurs joueurs du monde (du jamais vu !) a fait naitre chez les médias un enthousiasme extraordinaire, continu, intense et pesant.
Un exemple avant le premier tour de Coupe Davis (encore) avec l'histoire des Nouveaux Mousquetaires (en référence aux Mousquetaires Borotra, Brugnon, Cochet et Lacoste de la fin des années 20 et du début des années 30) soit disant déja partis pour etre l'équipe la plus forte du monde. Ou encore les reportages incessants de Canal + à leur sujet.
Malgré ces deux mois quasi-vides depuis début mars, les Bleus figurent aux 8 (Simon), 9 (Tsonga), 10 (Monfils) et 23èmes places (Gasquet) au classement ATP du 4 mai. Donc cette période n'a que peu eu d'influences sur ce point.
Toujours est-il qu'à maintenant moins d'un mois du grand rendez-vous parisien, il faut désormais que nos Français sortent de cette passe moins avantageuse afin que les résultats reviennent mais aussi que les médias ne décident de retourner leur veste.
Publié parNicolas MIKLUSIAK à 16:18
Libellés : Tennis