Football - La déroute lyonnaise : à qui la faute ?

Auteurs d'une fin de saison catastrophique, les lyonnais vont sûrement pouvoir nourrir des regrêts une fois l'année footballistique achevée. Auteur de leur plus mauvaise série en championnat depuis une bonne dizaine d'années, les lyonnais vont très probablement laisser filer le titre pour la première fois depuis 7 ans. La qualification en Champions League est même remise en question. Cette déroute n'est pas due qu'à un seul facteur, mais à une somme d'éléments perturbateurs ayant surgi tout au long de la saison.


Une équipe sans âme ?

On a souvent entendu dire cette saison que le jeu lyonnais avait perdu de sa superbe. Moins flamboyant, moins percutant, tout simplement d'un niveau moins élevé, le jeu lyonnais a souvent cette saison semblé terne, et ne se reposer que sur les exploits individuels de joueurs-clé : Juninho ou Benzema pour prendre les meilleurs exemples.
Le principal problème du jeu lyonnais cette saison est l'absence de collectif, la fébrilité défensive et le manque de qualité sur les ailes.
En effet, le "bloc-équipe" cher à Claude Puel a rarement été entrevu, laissant place à un ensemble désorganisé, fouilli. Incapables de produire des séquences de jeu rapides, enchainant les passes, les lyonnais se sont souvent contentés de rares moments d'excitations, de contres opportunistes ou de longs ballons loin devant, ne reposant que sur la capacité de Benzema à créer l'exploit.
Dans le secteur défensif, l'OL a souvent peiné, et ce malgré la bonne saison de Boumsong. Cris, jamais revenu à son meilleur niveau, a enchainé les boulettes, sans jamais réussir à être décisif. Et que dire des innombrables interims effectués sur les ailes, que ce soit par le jeune Lamine Gassama, par John Mensah ou encore Kim Källström. Autant de problèmes qui n'ont rien arrangé au problème de jeu lyonnais.
Enfin, le dernier gros point noir des lyonnais concerne les ailes. Des arrières vieillissants (Grosso), blessés (Reveillère, Clerc), ou tout simplement pas au niveau (Gassama), des milieux latéraux formés pour jouer dans l'axe (Delgado, Keita, Ederson, Pjanic) ou encore blessés (Govou, Pjanic), le jeu sur les côtés lyonnais a été tout simplement inexistant tout au long de la saison. Penalisant, surtout pour une équipe qui s'est construite sur les ailes : Malouda, Abidal ou encore Govou faisaient il y a encore quelques années la loi sur leurs ailes.

Un recrutement raté.

On a souvent parlé de grands noms à Lyon cet été, d'un recrutement solide, pour pouvoir atteindre les objectifs fixés en Champions League. Il s'avère cependant que le recrutement lyonnais a été baclé, voire completement raté. Explications.
L'OL a d'abord recruté cet été 2 milieux offensifs axiaux en la personne de Miralem Pjanic et Honorato Ederson, en ne concédant cependant aucun départ dans ce secteur, déjà pourtant bien garni. C'est ainsi que l'OL s'est retrouvé cette saison avec une multitude de milieux centraux de métier : Juninho, Makoun, Källström, Pjanic, Bodmer Ederson et Keita dans une moindre mesure. 7 joueurs pour 2 places, en considérant le poste de milieu défensif comme la propriété de Jeremy Toulalan, suppléé par Jean II Makoun. Cependant, hormis Sidney Govou, aucun ailier pur. C'est ainsi que Keita a continué cette saison d'occuper le poste d'ailier, complété par Ederson, pour des résultats médiocres : Ederson ne s'en sort pas, Keita continue à livrer des performances catastrophiques, et Pjanic sera tout juste moyen. Källström, rarement titularisé sur le flanc gauche, aura pourtant montré de belles choses.
D'autre part, le recrutement de John Mensah en défense central est un échec total. Ne parvenant pas à s'intégrer, plusieurs fois touchés psychologiquement (Insultes racistes au Mans, arrestation musclée et injustifiée à Lyon...), Mensah a réalisé une saison catastrophique.
L'autre fiasco de la saison consiste en le recrutement de Fréderic Piquionne. Débauché de Monaco pour environ 5 millions d'euros cet été, Piquionne n'a eu qu'un temps de jeu limité, pour des performances de piètre qualité, en témoigne le match désastreux contre Saint-Etienne, ponctué d'une expulsion.
Dans le même registre, on pourra évoquer les cas Fred et Fabio Santos, gros échecs de la méthode Puel. Le premier partant au bout d'interminables discussions, minant le vestiaire lyonnais, et le deuxième en venant quasiment au mains avec son entraineur.
A noter aussi la décision contestable de laisser partir Loïc Remy, qui aurait pu apporter beaucoup dans le secteur offensif de l'OL cette saison.
Restera dans cette mare de points noirs une énorme satisfactions en la personne d'Hugo Lloris, véritable sauveur de l'OL cette saison, sans qui l'addition à ce jour serait encore plus lourde.

Des choix tactiques pas toujours cohérents

L'entraineur de l'OL, Claude Puel, a été au cœur des débats. Accueilli chaleureusement à son arrivée, Claude Puel a vite fait déchanter les supporters rhodaniens. Le premier reproche à faire à Claude Puel concerne le coaching. L'équipe alignée par le manager de l'OL a souvent été nantie d'incohérence, de décisions parfois illogiques. Comment, par exemple, continuer à aligner un Kader Keita dont les performances frolent le ridicule, en laissant des joueurs comme Anthony Mounier ou Cesar Delgado sur le banc ? Comment laisser un joueur régulier et solide comme Kim Källström sur le banc quand l'OL a clairement besoin d'un joueur de son acabit pour s'imposer au milieu ? Pourquoi ne pas avoir donné sa chance au jeune Thimothée Kolodziejczak sur le côté gauche de la défense lors des innombrables forfaits de Fabio Grosso ? Surtout au vu des performances de John Mensah ou Kim Källström à ce poste.
En plus de ces choix concernant la forme, c'est la fond qui pêche. Le 4-3-3 lyonnais ne fonctionne plus, c'est un fait. Claude Puel l'a à une époque bien compris, en expérimentant un 4-2-3-1 qui a fait ses preuves, avec un Delgado étincelant dans le rôle de numéro 10. Cette formule sera cependant rapidement abandonnée, au profit d'un retour à un 4-3-3 terne et inefficace.
Il ressort de ces problèmes comme une impression de fébrilité de l'entraineur de l'OL, pourtant amateur du turnover et de la nouveauté lorsqu'il était à Lille.

Des leaders vieillissants ou en méforme.

Le symbole de la déchéance de l'OL cette année n'est autre que le capitaine emblématique, Juninho. Exclu à plusieurs reprises cette saison, le brésilien a davantage brillé par ses gestes d'humeur que par son talent. Véritable révélateur de la tension et du doute régnant dans l'équipe, Juninho a perdu de sa superbe, en témoignent les innombrables coup francs envoyés dans les tribunes cette saison. Juninho ne fait plus peur, l'OL ne fait plus peur. A 34 ans, Juninho n'a peut-être plus l'énergie nécessaire pour porter à bout de bras l'Olympique Lyonnais.
Cette tâche est pour lui d'autant plus difficile à assumer que l'autre âme de l'équipe, Cris, a eu beaucoup de mal cette saison. Touché par une sérieuse blessure en début de saison, le défenseur brésilien n'a jamais retrouvé l'aura, la confiance, la stabilité qui était la sienne lors des saisons précédentes. A 32 ans, Cris semble aussi avoir du mal à reprendre du poil de la bête.
Enfin, la deuxième partie de saison morose de Karim Benzema, et la blessure de longue durée de Sidney Govou n'ont rien arrangé aux problèmes déjà existants. Lyon semble ne se reposer que sur l'aura de Jeremy Toulalan cette saison, toujours fidèle au poste, et souvent décisif, notamment lors de grands matches. Il n'en reste pas moins que l'OL semble parfois perdu sur le terrain, à la recherche de motivation, du petit supplément d'âme qui a fait la force des lyonnais lors des dernières saisons.


Un grand ménage cet été ?


Les solutions se font attendre. Le président de l'Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, a réaffirmé sa confiance à Claude Puel, à qui il reste de toutes manières 3 ans de contrat. Le grand ménage pourrait donc avoir lieu dans l'effectif, et/ou dans le staff. Après une saison entachée par de nombreuses blessures, la préparation physique est peut-être à mettre en cause.
Du côté des joueurs, Sidney Govou a émis, comme chaque année, des vœux de départ. Fabio Grosso fait l'objet de rumeurs qui l'enverraient à Naples notamment. On n'oublie pas Benzema, dont le départ devient de plus en plus probable à mesure que l'OL sombre... Il faudra de toutes façons pour l'OL se renforcer sérieusement cet été, et ce dans tous les secteurs, pour pouvoir à nouveau afficher des ambitions à la hauteur des attentes des supporters.

Publié parAnonyme à 15:50  

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