Tennis - Wimbledon: Le Roi Reprend son Trone
lundi 13 juillet 2009
10 jours après la mort du King of Pop Michael Jackson, c'est bien Roger Federer, sur ses gazons chéris de Wimbledon, qui a été sacré King of Tennis.
Dimanche 5 Juillet, plus de 4 heures de jeu dans cette finale opposant le Suisse à Andy Roddick. Cette dernière balle décentrée de la part de l'américain, sur une ultime attaque de coup droit suivant un service puissant terminant malheureusement dans les tribunes...
En cet instant, le moment historique qu'attendaient tous les spectateurs et les fans de la petite balle jaune arriva, Roger Federer gagnait son 15ème titre du Grand Chelem.
Le Contexte
Egalant les 14 victoires en tournoi majeur de Sampras il y a un peu plus d'un mois à Roland Garros, il ne restait plus à l'helvète que d'en remporter un autre pour définitivement devenir le plus grand joueur de l'histoire du tennis mondial.
C'est désormais chose faite.
Profitant du forfait initial du numéro 1 mondial Rafa Nadal, de la déception Djokovic et de l'élimination du chouchou Murray en demi contre Roddick, il redevient également numéro 1 mondial, place à laquelle il est le joueur à y être resté le plus longtemps de suite.
Federer arrive à Londres en plaine confiance, il vient de remporter son Graal, la Coupe des Mousquetaires à Paris et retrouve l'herbe Britannique un an après avoir été battu en finale par Nadal.
Avant la finale, il ne perd qu'un petit set en 6 matchs, en 16èmes contre Kohlschreiber. Il témoigne d'une constance folle et d'une force impénétrable dans les moments importants de chaque match qu'il a à jouer. Contre Soderling, Karlovic et Haas, 3 serveurs hors pair, 4 jeux décisifs et 4 manches gagnées.
Grâce à son expérience et son talent inné, il réussit à accentuer son niveau de jeu déjà excellent à chaque fin de manche. C'est le retour du Grand Federer, comme à ses plus belles heures, son jeu est d'une simplicité et d'une pureté déconcertante...pour les spectateurs...et pour ses adversaires.
Il retrouve donc en finale Andy Roddick, auteur d'un tournoi fabuleux dès lors avec des victoires sur Berdych, Hewitt (5 sets en Quarts) et bien sur Murray en demi, match au terme duquel le joueur du Nebraska retint ses larmes, rempli d'émotions.
Mais Roddick contre Federer c'est avant le match 2 victoires pour 19 défaites dont 3 en finales de Grand Chelem (Wimbledon 2004, 2005, US Open 2006) et c'est surtout un complexe d'infériorité important.
Cependant, lui qui était dans le creux de la vague depuis 2 ou 3 ans est un nouveau joueur cette saison. Grâce à un physique retrouvé et perfectionné (perte de 10 kilos) et son association avec son coach Larry Stefanki, l'américain à la casquette est de retour au premier plan.
C'est peut etre pour cela qu'en ce dimanche ensoleillé, il n'est jamais paru aussi près de battre Federer dans un grand match, il ne l'avait en tout cas jamais autant poussé dans ses retranchements...
Le Match
Ce fut 4 h 16 d'une impressionnante intensité, sans temps mort, d'un niveau de jeu époustouflant et d'un suspense à couper le souffle.
Le premier set est remporté par Roddick très concentré et efficace au service (7-5).
Le second va au jeu décisif dans lequel l'américain s'octroie 4 balles de set (6 points à 2) avant que Federer, dos au mur, ne sorte le grand jeu et aligne 6 points de rang (6-7 (6-8)).
La cruciale troisième manche est gagnée par le Suisse sur le même score de 7 jeux à 6 mais Roddick, profitant d'un léger relâchement du futur papa enlève le 4ème set (6-3).
C'est donc un 5ème set qui départagea les deux combattants dans l'arène verte du central de Wimbledon sous les yeux ébahis de Sampras, Borg, Rod Laver ou encore Sir Alex Ferguson.
Ce dernier restera comme le plus long set en nombre de jeux en finale d'un tournoi du Grand Chelem faisant encore plus entrer ce match dans l'histoire.
Federer l'emporte finalement 16 jeux à 14 alors qu'il a frôlé la défaite sauvant 2 balles de break quelques minutes auparavant. Sa première balle (plus de 40 aces sortis), son coup droit et ses passings sont les grands artisans de sa superbe victoire.
Mais ce match n'aurait pas été le même sans Andy Roddick, formidable de persévérance et de courage, porté outrageusement vers l'attaque comme le vainqueur.
Il ne lui manqua rien ou plutôt si, le brin de réussite qui fait d'un joueur une future légende.
Son nom, Roger Federer.
Publié parNicolas MIKLUSIAK à 22:37
Libellés : Tennis